Derrière chaque cryptomonnaie, il y a une technologie. Voici, par catégorie, deux réseaux qui fonctionnent, qui sont utilisés, et ce que leur ingénierie a de remarquable.
Pourquoi cette page ?
La passion que j’ai pour ce domaine me pousse à vous parler de ce qui se cache derrière les cryptomonnaies : la technologie. On en parle très peu, alors qu’elle dépasse aujourd’hui ce que nous imaginions il y a seulement quelques années.
Cette technologie compte, parce qu’elle a vocation à être de plus en plus adoptée : par des particuliers, des entreprises et des États. Certaines blockchains ont une utilité réelle. Le grand public n’y était ni préparé ni informé, mais nous entrons dans une période où des entreprises et des États commencent à s’en servir. Plusieurs exemples de cette page vont dans ce sens. Plus un réseau est réellement utilisé, plus il a de chances de durer, et c’est à terme ce qui peut influencer sa valeur, sans aucune garantie.
À l’inverse, chaque jour apparaissent des projets qui servent à très peu de choses, et beaucoup ne survivront pas. Une blockchain sans utilité finit par disparaître, et son token avec elle : ceux qui y ont investi s’exposent alors à perdre tout ou partie de leur mise.
C’est pour cela que j’insiste. Mon but est d’aider chacun à prendre en compte la technologie et son utilité dans ses décisions. Cette page n’est pas une liste de recommandations d’achat : c’est une grille de lecture.
Ce que disent les chiffres
Selon CoinGecko (rapport du 30 avril 2025), plus de la moitié des quelque 7 millions de jetons listés sur GeckoTerminal depuis 2021, soit environ 3,7 millions, ont cessé d’être échangés.
Selon la même source, 11 564 909 jetons ont été classés « défunts » en 2025, sur un jeu de données couvrant juillet 2021 à décembre 2025. CoinGecko définit un jeton défunt comme un jeton listé qui n’est plus activement échangé : cela mesure l’arrêt des échanges, pas une faillite.
Sur la plateforme de lancement Pump.fun, environ 98 % des jetons n’atteignent pas l’étape de « graduation » (CoinGecko, cité par Cointelegraph). C’est un chiffre propre à cette plateforme de memecoins, pas à l’ensemble des cryptomonnaies.
Comment lire cette page. Nous avons choisi, dans chaque catégorie, deux réseaux dont l’usage est mesurable (quand il l’est) et dont la technologie est réellement distincte. Ce n’est ni un classement, ni un conseil d’investissement : le cours et la capitalisation d’une cryptomonnaie ne sont pas des critères ici. Les chiffres sont datés et sourcés (relevés le 10 octobre 2026) ; quand nous n’avons pas trouvé de source fiable, nous l’écrivons. Certains projets de la page sont des réseaux de paiement ou d’oracles construits sur des blockchains, ou des plateformes sans cryptomonnaie : ce sont des technologies de la même famille.
Cinq questions pour juger une blockchain
Qui l’utilise, pour faire quoi ? Un usage régulier (paiements, règlements, applications) pèse plus qu’une promesse.
Quel problème résout-elle ? Si on ne sait pas l’expliquer sans parler de prix, méfiance.
Qu’y a-t-il de nouveau techniquement ? Un consensus, une preuve, un modèle d’exécution : c’est cela, la prouesse.
Qui contrôle quoi ? Nombre de producteurs de blocs, séquenceur, conseil de sécurité, ponts : la décentralisation se mesure, elle ne se déclare pas.
Le jeton est-il nécessaire ? Parfois oui (frais, sécurité), parfois non (Hyperledger Fabric n’en a pas besoin). Un jeton n’est pas la preuve d’une utilité.
Des antennes, caméras ou capteurs déployés par des particuliers et payés selon l’usage réel.
Argent numérique
Transférer de la valeur sans banque ni autorité centrale.
Bitcoin
Blockchain publique
Débutant
Le premier réseau de monnaie numérique sans autorité centrale. Il fonctionne depuis janvier 2009.
Cryptomonnaie : BTC (monnaie native, rémunère les mineurs)
Ce que ça apporte
Envoyer de la valeur à n’importe qui dans le monde sans passer par une banque.
Une règle monétaire connue d’avance et vérifiable par tous : jamais plus de 21 millions de bitcoins.
Un registre public que personne ne peut modifier seul.
La technologie, expliquée
Un registre en chaîne de blocsLes transactions sont regroupées en blocs. Chaque bloc contient l’empreinte (hash) du précédent : modifier un bloc ancien obligerait à refaire le travail de ce bloc et de tous les suivants.
La preuve de travail : « un processeur, un vote »Pour proposer un bloc, les mineurs cherchent un nombre qui donne une empreinte commençant par un certain nombre de zéros. C’est coûteux à produire, mais quasi instantané à vérifier. Le livre blanc de 2008 présente ce mécanisme comme la réponse au problème de la double dépense, sans tiers de confiance.
La chaîne la plus longue fait foiLes nœuds suivent la chaîne qui représente le plus de travail cumulé. Tant que la majorité de la puissance de calcul est honnête, la chaîne honnête avance plus vite que celle d’un tricheur.
Un rythme qui se règle tout seulTous les 2 016 blocs (environ deux semaines), le protocole compare le temps réellement écoulé à l’objectif de 10 minutes par bloc et ajuste la difficulté. Que la puissance de calcul double ou diminue de moitié, le rythme reste proche de 10 minutes.
Une monnaie à émission programméeLa récompense de bloc est divisée par deux tous les 210 000 blocs (environ 4 ans). Elle est de 3,125 BTC depuis avril 2024. L’émission s’arrête vers 2140, pour un total d’un peu moins de 21 millions. Chaque nœud complet rejette un bloc qui réclamerait plus que le montant prévu : le plafond est donc appliqué par le réseau lui-même.
Un arbre de MerkleLes transactions d’un bloc sont résumées par une seule empreinte (la racine de l’arbre). Cela permet d’élaguer les anciennes données et de vérifier une transaction sans télécharger tout le bloc.
Usage mesuré
En fonctionnement depuis janvier 2009.
Environ 20 millions de BTC déjà émis, soit près de 95 % du total, selon Blockstream (2026).
Limites et points de vigilance
Environ un bloc toutes les 10 minutes : le débit de la couche de base est limité. D’où des solutions construites par-dessus, comme Lightning (ci-dessous).
La sécurité repose sur une dépense d’énergie : c’est le prix de la preuve de travail.
Pseudonyme n’est pas anonyme : les transactions sont publiques et peuvent parfois être reliées entre elles (le livre blanc le note déjà).
Une clé perdue ou volée ne se récupère pas.
À retenir. Ce qui est remarquable n’est pas le prix, mais d’avoir réglé la double dépense sans autorité centrale.
Un réseau de canaux de paiement construit sur Bitcoin, conçu pour des paiements rapides et de petits montants.
Cryptomonnaie : Aucun token propre : il utilise le bitcoin
Ce que ça apporte
Des paiements qui ne passent pas par la blockchain à chaque fois, donc plus rapides et moins chers.
Des micro-paiements rendus possibles, ce que la couche de base de Bitcoin ne permet pas bien.
Un pont vers des usages quotidiens (retraits en exchange, paiements marchands).
La technologie, expliquée
Le canal de paiementDeux parties verrouillent des bitcoins dans une sortie de transaction (UTXO) protégée par une signature multiple « 2 sur 2 ». La valeur verrouillée est la capacité du canal : le plus gros paiement possible dans ce canal. L’ouverture et la fermeture sont inscrites sur Bitcoin, pas chaque paiement.
Capacité sortante et entranteLe solde du canal se répartit entre les deux parties. Ce que vous pouvez envoyer est votre capacité sortante, ce que vous pouvez recevoir est votre capacité entrante. Quand vous payez, votre solde baisse et votre capacité entrante augmente du même montant.
Le routageVous n’avez pas besoin d’un canal avec le destinataire : le paiement peut traverser plusieurs nœuds intermédiaires, qui sont rémunérés par de petits frais pour le transfert.
Usage mesuré
Selon Spark Research (3 juin 2026), qui cite mempool.space : en mai 2026, environ 4 898 BTC de capacité publique, 41 080 canaux et 17 438 nœuds. Les canaux privés ne sont pas visibles : ils pourraient représenter au moins autant.
Volume de paiements estimé à plus de 1,17 milliard de dollars par mois en novembre 2025, et environ 12 millions de transactions par mois fin 2025. La source ne précise pas d’où viennent ces chiffres, et reconnaît qu’ils sous-estiment l’usage.
Selon la même source : des plateformes comme Coinbase, Binance, OKX, Kraken ou Bitget le proposent ; Block déploie le paiement Lightning auprès d’environ 4 millions de commerçants américains ; le système salvadorien Chivo a traité 4,2 millions de transactions en 2025.
Limites et points de vigilance
La liquidité entrante est décrite comme le « problème opérationnel numéro un » : sans elle, impossible de recevoir.
La fermeture forcée d’un canal peut immobiliser des fonds plusieurs jours, avec des frais élevés sur la chaîne Bitcoin.
Des chiffres publics incomplets : à lire comme un ordre de grandeur, pas comme une mesure exacte.
À retenir. Une idée d’architecture : pour que Bitcoin serve aux petits paiements, on déplace la plupart des paiements hors de la chaîne, en gardant la chaîne comme arbitre.
Des programmes qui s’exécutent tels qu’ils sont écrits, sur un réseau partagé.
Ethereum
Blockchain publique
Médian
La plateforme de contrats intelligents de référence : un réseau partagé où l’on publie des programmes dont les règles s’exécutent comme écrites.
Cryptomonnaie : ETH (frais et mise en jeu des validateurs)
Ce que ça apporte
La finance décentralisée (prêt, échange) sans intermédiaire.
Des stablecoins, des actifs tokenisés et des NFT sur une infrastructure commune.
Une base de sécurité pour des couches 2 comme Base ou Arbitrum.
La technologie, expliquée
Les contrats intelligents et la machine virtuelleUn contrat est un programme stocké sur la chaîne. Tous les nœuds l’exécutent de la même façon, et le résultat est vérifiable par tous. C’est ce qui permet à des applications de gérer des fonds sans société qui les détienne.
La Fusion (The Merge), 15 septembre 2022Ethereum est passé de la preuve de travail à la preuve d’enjeu. La chaîne d’exécution d’origine a rejoint la Beacon Chain, qui fonctionnait en parallèle depuis le 1er décembre 2020. ethereum.org estime la baisse de consommation d’énergie à environ 99,95 %.
La preuve d’enjeu et la finalitéLes blocs sont proposés par des validateurs qui ont engagé des ETH. Un créneau (slot) dure 12 secondes et 32 créneaux forment une époque d’environ 6,4 minutes. Un bloc finalisé est très coûteux à annuler : il faudrait obtenir puis détruire plus d’un tiers de tous les ETH mis en jeu.
Le passage à l’échelle par les « rollups »Plutôt que de tout faire sur la chaîne principale, Ethereum s’appuie sur des couches 2 qui exécutent les transactions ailleurs et publient les données sur Ethereum. C’est la stratégie décrite plus bas avec Base et Arbitrum.
Usage mesuré
DefiLlama, consulté le 10 octobre 2026 : environ 51,2 milliards de dollars verrouillés en finance décentralisée (1re place des chaînes), et environ 145,7 milliards de dollars de stablecoins sur Ethereum.
L2BEAT, 10 octobre 2026 : les couches 2 sécurisent au total environ 42,6 milliards de dollars, une valeur qui s’appuie sur Ethereum.
Limites et points de vigilance
Les frais de la chaîne principale peuvent monter quand le réseau est très demandé.
L’écosystème est fragmenté entre de nombreuses couches 2 : l’expérience peut devenir complexe.
Un contrat intelligent peut contenir une faille : « le code fait foi » protège aussi les erreurs.
À retenir. Son apport est de rendre la confiance programmable : on peut vérifier une règle plutôt que se fier à une société.
Une blockchain pensée dès l’origine pour un très grand nombre de transactions rapides, avec une architecture très différente d’Ethereum.
Cryptomonnaie : SOL (frais et mise en jeu)
Ce que ça apporte
Des applications grand public qui ont besoin de rapidité et de frais très bas.
Des paiements et des échanges de stablecoins à grande échelle.
Une autre approche de l’exécution des contrats : en parallèle.
La technologie, expliquée
Proof of History (preuve d’historique)Chaque validateur fait tourner une fonction de hachage en séquence, qui sert d’horloge partagée avant même le consensus. Les validateurs savent ainsi dans quel ordre les événements se sont produits, et la rotation du producteur de bloc n’exige pas de longs échanges de messages.
Tower BFTUn consensus de type PBFT qui s’appuie sur cette horloge. Il privilégie le fait d’avancer (liveness) sur la cohérence stricte.
TurbineLes blocs sont découpés en petits paquets avec code correcteur d’erreurs, puis diffusés de voisin en voisin, un peu comme dans BitTorrent.
Gulf StreamLes transactions sont envoyées d’avance aux prochains producteurs de bloc, ce qui évite de saturer la mémoire des validateurs.
SealevelUn environnement d’exécution parallèle : les transactions qui ne touchent pas les mêmes données sont exécutées en même temps. Chaque transaction déclare à l’avance ce qu’elle lit et écrit.
Pipelining, Cloudbreak, ArchiversLe traitement des transactions se fait en étapes qui se chevauchent (y compris avec des cartes graphiques pour les signatures). Cloudbreak est une base de comptes conçue pour des lectures et écritures simultanées. Les Archivers stockent l’historique en dehors du consensus.
Ce qui est annoncé : AlpenglowSelon Alchemy (avril 2026), il s’agit d’un remplacement prévu du consensus : Votor remplacerait Tower BFT, Rotor remplacerait Turbine, avec une finalité visée de 100 à 150 ms contre environ 12,8 s aujourd’hui. Le vote de gouvernance a été approuvé à 98,27 % en septembre 2025 ; l’activation sur le réseau principal était attendue fin 2026. Firedancer est un second client validateur, développé par Jump Crypto. Vérifiez l’état d’avancement avant de le citer.
Usage mesuré
Selon CoinDesk Research (rapport TRON, 21 juillet 2026), Solana comptait environ 3,8 millions d’utilisateurs actifs par jour au 2e trimestre 2026, la première place devant TRON (3,5 millions).
DefiLlama, consulté le 10 octobre 2026 : environ 6,2 milliards de dollars verrouillés en finance décentralisée et environ 16,1 milliards de dollars de stablecoins.
Limites et points de vigilance
Le chiffre de « 50 000 transactions par seconde » cité par le projet vient de tests sur un réseau de test, pas du réseau principal. Un débit théorique n’est pas un débit réel.
Des interruptions de service ont eu lieu dans le passé.
Les validateurs ont besoin de machines performantes : cela pèse sur la décentralisation.
À retenir. Elle montre qu’une blockchain n’est pas qu’un ledger : c’est un système distribué dont chaque étape (horloge, diffusion, exécution) peut être repensée.
Traiter beaucoup de transactions à bas coût, tout en s’appuyant sur la sécurité d’Ethereum.
Base
Couche 2 d’Ethereum (rollup)
Médian
Une couche 2 lancée par Coinbase en août 2023 : les transactions sont traitées à part, et leurs données sont publiées sur Ethereum.
Cryptomonnaie : Aucun token natif mentionné par la source consultée (2023) ; vérifiez l’état actuel
Ce que ça apporte
Des frais plus bas qu’Ethereum pour des applications grand public.
Une compatibilité avec les outils d’Ethereum : les développeurs n’ont presque rien à réapprendre.
Une porte d’entrée pour les utilisateurs d’une grande plateforme.
La technologie, expliquée
Un rollup construit avec l’OP StackBase utilise l’OP Stack, un code ouvert développé avec Optimism. Une couche 2 de ce type exécute les transactions hors d’Ethereum et en publie les données sur Ethereum, qui sert de couche de règlement et de sécurité.
Le séquenceurUn séquenceur ordonne les transactions et les exécute rapidement. À l’origine, c’est l’équipe Base qui l’opère, selon CoinGecko.
La « Superchain »Un réseau de chaînes construites sur l’OP Stack, qui partagent la même base de sécurité et une couche de communication commune. Base est présentée comme y participant.
Les preuves, étape par étapeAu lancement, Base n’avait ni preuve de fraude ni preuve de validité active (« Stage 0 » dans la grille de L2BEAT), avec l’intention d’en ajouter. L’état actuel est affiché sur la page de Base sur L2BEAT.
Usage mesuré
L2BEAT, 10 octobre 2026 : environ 15,75 milliards de dollars de valeur sécurisée, la première des couches 2. Dont environ 2,91 Md$ envoyés depuis Ethereum par le pont officiel, 7,61 Md$ créés directement sur Base et 5,22 Md$ arrivés par des ponts externes. L2BEAT indique que 33,1 % reposent sur des hypothèses de confiance supplémentaires.
DefiLlama, consulté le 10 octobre 2026 : environ 6,2 milliards de dollars verrouillés en finance décentralisée et environ 5,3 milliards de dollars de stablecoins. Mesure différente de celle de L2BEAT.
Limites et points de vigilance
Le fonctionnement dépend d’une équipe adossée à une entreprise : le séquenceur et les mises à jour sont moins décentralisés qu’Ethereum.
Les actifs arrivés par des ponts externes reposent sur la confiance dans ces ponts.
Une couche 2 hérite de la sécurité d’Ethereum seulement dans la mesure où ses preuves et ses mécanismes de sortie sont actifs : lisez sa fiche L2BEAT.
À retenir. Elle montre qu’on peut baisser les coûts sans quitter Ethereum, au prix d’un compromis de confiance qu’il faut savoir lire.
Une couche 2 qui prouve la bonne exécution de ses transactions par un système de contestation, et qui rend cette contestation ouverte à tous.
Cryptomonnaie : Gouvernance par une DAO (selon la documentation BoLD)
Ce que ça apporte
Des applications Ethereum à moindre coût.
Des mécanismes de preuve qui visent à ne dépendre d’aucun groupe de validateurs.
Une grande compatibilité avec les outils d’Ethereum.
La technologie, expliquée
Nitro : deux phasesLe séquenceur ordonne d’abord les transactions en une seule suite. Une fonction de transition d’état déterministe les exécute ensuite. Comme elle est déterministe, n’importe quel nœud qui a la suite calcule le même résultat.
Le « sandwich Geth »Nitro embarque le cœur d’exécution de go-ethereum comme bibliothèque. Résultat : une très grande compatibilité avec Ethereum.
Le même code compilé deux foisIl est compilé en code natif pour s’exécuter vite, et en WebAssembly (puis WAVM) pour pouvoir être prouvé. WAVM remplace les calculs à virgule flottante par des équivalents logiciels, pour rester simple à prouver.
Les données sur EthereumLes lots de transactions sont compressés (Brotli) puis publiés sur Ethereum, en « blobs » (EIP-4844) quand c’est intéressant, sinon en calldata. Comme toutes les entrées sont sur Ethereum, n’importe qui peut reconstruire l’état de la chaîne.
Le défi optimisteLes résultats sont acceptés par défaut mais peuvent être contestés pendant une fenêtre d’environ 6,4 jours. En cas de désaccord, un dialogue de dichotomie réduit le litige à une seule instruction, que le contrat sur Ethereum vérifie.
BoLD : validation ouverte à tousAvant, la contestation était réservée à une liste de validateurs et chaque défi se jouait un contre un. Avec BoLD, un seul acteur honnête suffit pour défendre l’état correct, et tout le monde peut participer. Le temps de résolution est borné, ce qui élimine les « attaques par retard ». BoLD est actif sur Arbitrum One, Nova et Sepolia, et sert l’objectif du « Stage 2 » de L2BEAT.
Usage mesuré
L2BEAT, 10 octobre 2026 : environ 11,17 milliards de dollars de valeur sécurisée, la deuxième des couches 2. Dont environ 3,61 Md$ via le pont officiel, 3,22 Md$ créés sur Arbitrum et 4,32 Md$ via des ponts externes ; 38,7 % reposent sur des hypothèses de confiance supplémentaires.
DefiLlama, consulté le 10 octobre 2026 : environ 1,4 milliard de dollars verrouillés en finance décentralisée et environ 3,8 milliards de dollars de stablecoins.
Limites et points de vigilance
La fenêtre de contestation implique un retrait vers Ethereum d’environ une semaine par le pont officiel.
Un « Conseil de sécurité » dispose d’un délai d’intervention pendant la résolution des litiges : un pouvoir d’intervention humain demeure.
La confiance dans les ponts externes reste un point de risque à part.
À retenir. Elle montre comment prouver un calcul sans le refaire : on le rejoue seulement s’il est contesté, et on ne vérifie que l’instruction litigieuse.
Faire circuler des monnaies numériques stables, parfois adossées à des actifs réels.
TRON
Blockchain publique
Médian
Un réseau devenu l’un des principaux supports des transferts de stablecoins, surtout le dollar numérique USDT.
Cryptomonnaie : TRX (ressources et vote)
Ce que ça apporte
Envoyer des dollars numériques à bas coût, sans banque.
Un usage de masse, surtout pour des petits transferts entre particuliers.
Un exemple de ce que la « finance de tous les jours » fait réellement avec les blockchains.
La technologie, expliquée
La preuve d’enjeu déléguée (DPoS)27 « Super Représentants » produisent les blocs. Les détenteurs de TRX peuvent voter pour eux avec leur « pouvoir de vote ».
Une machine virtuelle dédiée (TVM)Elle exécute les contrats intelligents de façon déterministe sur chaque nœud.
Bande passante et énergieDeux ressources servent à payer les opérations : la bande passante (taille de la transaction) et l’énergie (calcul des contrats). On les obtient en mettant du TRX en jeu : chaque TRX engagé produit aussi une unité de vote. Sinon, du TRX est brûlé à un tarif fixe.
Des paramètres qui évoluent par propositionLes tarifs et règles du réseau peuvent être modifiés par des propositions de gouvernance.
Usage mesuré
Selon CoinDesk Research (21 juillet 2026, données jusqu’au 30 juin 2026) : l’USDT sur TRON a atteint un record d’un peu plus de 89 milliards de dollars, soit environ 47 % de l’USDT total ; TRON pesait 28,7 % de la capitalisation totale des stablecoins fin juin.
Au 2e trimestre 2026 : environ 3,5 millions d’utilisateurs actifs par jour (3,2 millions au 1er trimestre). Environ 93 % du volume de transferts de stablecoins était d’un particulier à un autre au 30 juin. Parmi les chaînes émettant l’USDT en natif, TRON portait 52 % des transferts de moins de 1 000 dollars.
DefiLlama, consulté le 10 octobre 2026 : environ 95,5 milliards de dollars de stablecoins sur TRON.
Limites et points de vigilance
Il n’y a que 27 producteurs de blocs : c’est un compromis assumé entre rapidité et décentralisation, bien en dessous d’un réseau comme Ethereum.
L’usage est très concentré sur un seul stablecoin, émis par une entreprise privée.
Le succès par les transferts ne dit rien d’une innovation technique : c’est un usage, pas une garantie.
À retenir. Le plus grand usage mesuré d’une blockchain n’est pas toujours le plus spectaculaire : ici, ce sont des dollars qui circulent entre particuliers.
Un réseau conçu pour les paiements et l’émission d’actifs, avec des « ancres » qui relient la blockchain aux monnaies et aux banques.
Cryptomonnaie : XLM (frais)
Ce que ça apporte
Émettre, stocker, transférer et échanger des actifs sur un registre ouvert.
Relier les actifs numériques aux monnaies réelles par des « ancres » (dépôts et retraits).
Un terrain d’entente pour des institutions qui veulent des règles claires.
La technologie, expliquée
Le protocole de consensus Stellar (SCP)Au lieu de la puissance de calcul ou de jetons mis en jeu, il repose sur un accord entre nœuds de confiance. Chaque validateur choisit les nœuds en qui il a confiance (son « ensemble de quorum ») et le seuil d’accord minimal. Cette famille de protocoles s’appelle « accord byzantin fédéré ».
Vote, acceptation, confirmationUne proposition (par exemple un lot de transactions pour le prochain registre) passe par trois étapes. Une fois « confirmée », elle est sûre : c’est le point de finalité. Le protocole fonctionne en deux temps : nomination (on converge sur un candidat) puis vote par tours.
Pas de minage, pas de récompenseLa documentation précise qu’il n’y a aucune récompense monétaire pour être validateur : on participe pour renforcer la sécurité du réseau.
Sécurité d’abordSCP donne la priorité à la tolérance aux pannes et à la sécurité plutôt qu’à la disponibilité : le réseau peut s’arrêter un moment plutôt que de risquer un désaccord.
Ancres et standards ouverts (SEP)Des protocoles ouverts permettent à des « ancres » de gérer dépôts et retraits entre la blockchain et le système bancaire. Les « SEP » sont des propositions publiques qui définissent comment émetteurs, ancres et portefeuilles dialoguent.
Usage mesuré
Selon un rapport d’Allium (mars 2026) mis en avant par Stellar : environ 2,3 milliards de dollars par mois de règlements transfrontaliers en stablecoins (17 stablecoins, plus de 9 monnaies), 67 produits d’actifs réels tokenisés pour environ 1,4 milliard de dollars émis par 10 émetteurs régulés, environ 52,8 millions d’appels de contrats par mois. Le rapport cite MoneyGram et PayPal (PYUSD).
Ces chiffres sont publiés par l’écosystème Stellar et ne sont pas datés individuellement : lisez-les comme des ordres de grandeur.
Limites et points de vigilance
La confiance est « fédérée » : le choix de ses nœuds de confiance est une décision sociale, pas seulement mathématique.
Le réseau peut se mettre en pause plutôt que de risquer un désaccord.
Les chiffres d’usage disponibles viennent surtout de l’écosystème lui-même.
À retenir. Elle illustre une autre philosophie : au lieu de rendre la triche coûteuse, on organise la confiance entre acteurs qui se connaissent.
Représenter sur une blockchain des actifs qui existent déjà : bons du Trésor, fonds, or, immobilier.
Où en est la tokenisation ?
Relevé sur rwa.xyz le 10 octobre 2026 : environ 39,1 milliards de dollars d’actifs réels tokenisés « distribués » (hors stablecoins), pour plus de 5,2 millions de détenteurs. Le site affiche à part une valeur « représentée » d’environ 357,7 milliards de dollars, qui mesure autre chose : consultez sa méthodologie avant de comparer les deux.
Réseaux en tête : Ethereum (environ 16,9 Md$), BNB Chain (5,8), Solana (4,4), Stellar (3,5), Avalanche (1,7).
Produits cités : or tokenisé (XAUT environ 3,0 Md$, PAXG environ 1,8 Md$), dette publique tokenisée (USYC, USDY, BUIDL entre 2,2 et 2,4 Md$), crédit (JAAA environ 589 M$).
Les stablecoins (environ 293 Md$, dont USDT environ 183 Md$ et USDC environ 71 Md$) sont comptés à part.
Nous avons déjà vu des réseaux qui servent à tokeniser : Stellar et Canton.
⚠️ Tokeniser un actif ne le rend pas plus sûr : la valeur dépend de l’actif, de l’émetteur et de la loi. Beaucoup de « RWA » à la mode sont des promesses, pas des produits réglementés.
BlackRock BUIDL (avec Securitize)
Fonds tokenisé sur une blockchain publique
Médian
Un fonds d’un grand gestionnaire d’actifs dont les parts sont des jetons : l’exemple type d’un actif réel tokenisé.
Cryptomonnaie : Aucune cryptomonnaie propre : les parts du fonds sont des jetons
Ce que ça apporte
Des parts d’un fonds qui détient du cash, des bons du Trésor américain et des pensions livrées, représentées par des jetons.
Des dividendes versés directement dans le portefeuille de l’investisseur.
Un pont entre la finance traditionnelle et les blockchains publiques.
La technologie, expliquée
Un jeton = une part du fondsBUIDL a été lancé le 20 mars 2024 sur Ethereum : c’est le premier fonds tokenisé de BlackRock sur une blockchain publique. Le fonds vise une valeur de 1 dollar par jeton, sans le garantir à tout moment, comme le précise le communiqué.
Des actifs classiquesLe fonds détient uniquement du cash, des bons du Trésor américain et des pensions livrées. BlackRock gère le fonds, BNY Mellon en est le dépositaire et l’administrateur, PwC l’auditeur.
Des dividendes en jetonsLes dividendes s’accumulent chaque jour et sont versés chaque mois sous forme de nouveaux jetons dans le portefeuille de l’investisseur.
Le rôle de SecuritizeSecuritize est l’agent de transfert et la plateforme de tokenisation : elle gère les parts tokenisées et suit souscriptions, rachats et distributions. Securitize Markets est l’agent de placement qui rend le fonds accessible aux investisseurs éligibles. BlackRock a aussi investi dans Securitize.
Un accès réservéLe fonds est ouvert aux « investisseurs qualifiés » (règles 506(c) et 3(c)(7) américaines). Le minimum initial annoncé était de 5 millions de dollars.
Usage mesuré
rwa.xyz, relevé le 10 octobre 2026 : BUIDL représente environ 2,2 milliards de dollars, parmi les plus grands produits de dette publique tokenisée (aux côtés de USYC, environ 2,4 Md$, et USDY, environ 2,3 Md$).
Limites et points de vigilance
Réservé aux investisseurs qualifiés, avec un minimum élevé annoncé au lancement : ce n’est pas un produit de particulier. Les conditions ont pu évoluer depuis ce communiqué de mars 2024.
La blockchain ne supprime pas la chaîne de confiance : il faut se fier au gestionnaire, au dépositaire et à la plateforme de tokenisation.
La valeur de 1 dollar par jeton est un objectif, pas une promesse.
À retenir. La blockchain change le rail, pas l’actif : la valeur vient de ce que le fonds détient (des bons du Trésor), pas du jeton.
Fonds monétaire américain enregistré, tenu sur blockchain
Médian
Un fonds monétaire américain dont la propriété des parts est enregistrée sur blockchain, avec un jeton BENJI par part.
Cryptomonnaie : Aucune cryptomonnaie propre : un jeton BENJI correspond à une part du fonds
Ce que ça apporte
Un fonds de trésorerie classique, accessible via des jetons.
Des transferts de parts entre portefeuilles, sans passer par les circuits habituels.
Une première expérience de fonds enregistré qui utilise des blockchains publiques.
La technologie, expliquée
Une part = un jetonLe fonds s’appelle Franklin OnChain U.S. Government Money Fund (FOBXX). Une part de FOBXX correspond à un jeton BENJI.
Le registre officielSelon la page de Franklin Templeton, le teneur de registre tient le registre officiel de propriété des parts avec un système propriétaire intégré à la blockchain, qui s’appuie sur des réseaux publics pour les transactions.
Plusieurs blockchainsStellar est ouverte aux particuliers et aux institutionnels. D’autres réseaux (Polygon, Arbitrum, Avalanche, Aptos, Ethereum, Base, Solana, BNB Smart Chain) sont réservés aux institutionnels.
Le rendement en jetonsLe fonds accumule du rendement chaque jour via de nouveaux jetons BENJI créés pour l’investisseur.
Une chronologieLancement avril 2021 (Stellar) ; application pour particuliers février 2022 ; transferts entre pairs pour les institutionnels avril 2024, puis pour les particuliers mai 2025 ; Solana février 2025 ; BNB Smart Chain juillet 2025.
Usage mesuré
DefiLlama, consulté le 10 octobre 2026 : environ 2,5 milliards de dollars d’actifs sous gestion en chaîne, avec Stellar comme réseau principal. Les chiffres par produit sont partiels et sans date de relevé.
rwa.xyz, 10 octobre 2026 : Stellar est le 4e réseau par valeur d’actifs réels tokenisés (environ 3,5 Md$).
Limites et points de vigilance
« Premier fonds monétaire américain on-chain » est une affirmation de l’entreprise.
La disponibilité pour un particulier en France n’est pas précisée par la page : à vérifier avant tout projet.
Le registre officiel reste celui de l’émetteur : la blockchain est un outil, pas une autorité indépendante.
À retenir. Ici, la blockchain sert de registre de propriété et de rail de transfert pour un produit déjà réglementé : c’est le cas d’usage le plus proche d’une adoption institutionnelle.
Conserver des fichiers sans dépendre d’un seul fournisseur.
Filecoin
Réseau de stockage décentralisé
Expert
Un marché de stockage où des fournisseurs doivent prouver, de façon vérifiable, qu’ils conservent bien les données.
Cryptomonnaie : FIL (paiement et garanties des fournisseurs)
Ce que ça apporte
Stocker des données sans dépendre d’un seul fournisseur.
Remplacer la confiance par des preuves vérifiables par tous.
Un stockage dont les engagements sont contrôlés en continu.
La technologie, expliquée
Preuve de réplication (PoRep)Quand un fournisseur reçoit des données, il les « scelle » dans un secteur et produit un encodage unique, qui dépend des données, de son identité et du moment du scellement. La preuve montre donc qu’un fournisseur précis a stocké une donnée précise à un instant précis. Elle est ensuite compressée et envoyée au réseau.
Preuve d’espace-temps (PoSt)Elle vérifie que les données sont conservées dans la durée, en deux volets.
WinningPoStDétermine quels fournisseurs peuvent produire un bloc : ils doivent prouver, dans un délai volontairement court, qu’ils détiennent la copie scellée. Récompense : le bloc et ses frais.
WindowPoStAudite en continu : chaque secteur doit être prouvé pendant des échéances de 30 minutes. Sceller de nouveau à chaque preuve serait impraticable, ce qui incite à garder les données. Un fournisseur qui échoue perd la garantie qu’il avait déposée (le « pledge collateral ») et voit sa puissance diminuer.
Usage mesuré
Chiffres d’usage non relevés : lors de notre vérification du 10 octobre 2026, nous n’avons pas trouvé de source officielle et datée sur la quantité de données stockées. Nous préférons ne rien afficher plutôt qu’une estimation.
Limites et points de vigilance
Prouver qu’une donnée est stockée ne dit pas qu’elle sera utilisée : l’usage réel est à vérifier.
Le stockage décentralisé ne rend pas une donnée privée : le chiffrement reste une affaire d’utilisateur.
À retenir. La vraie invention est de transformer « je stocke bien vos fichiers » en une preuve mathématique contrôlée en continu.
Un réseau pensé pour que les données restent accessibles à long terme, avec un seul paiement à l’envoi.
Cryptomonnaie : AR (paiement unique et rémunération)
Ce que ça apporte
Conserver des fichiers, sites ou applications de façon durable.
Un paiement unique, sans abonnement.
Des pages et des données publiques qui ne disparaissent pas quand un hébergeur ferme.
La technologie, expliquée
Le « blockweave »Chaque nouveau bloc est lié au précédent et à un ancien bloc choisi au hasard. Les données sont découpées en morceaux de 256 Kio organisés en arbre de Merkle : pour continuer à produire des blocs, un mineur doit conserver l’ensemble des données.
SPoRA : preuve d’accès aléatoireLes mineurs répondent à des défis aléatoires qui prouvent qu’ils conservent les données, vérifiés efficacement avec des fonctions à délai vérifiable. La description la présente comme une combinaison de preuve de travail et de preuve de stockage.
Le fonds de dotationL’utilisateur paie une fois. Le tarif correspond à 200 ans de stockage sur 20 répliques. Une grande partie alimente un fonds qui rémunère les mineurs dans la durée. Le modèle suppose que le coût du stockage continue de baisser.
La « permaweb »Un ensemble de sites, d’applications et de données prévus pour durer, dont la donnée n’est pas censée disparaître.
Usage mesuré
Chiffres d’usage non relevés : lors de notre vérification du 10 octobre 2026, nous n’avons pas trouvé de source officielle datée. La documentation indique une capacité théorique de 2^256 octets, ce qui n’est pas un chiffre d’usage.
Limites et points de vigilance
La permanence repose sur une hypothèse économique : que le coût du stockage continue de baisser.
Le réseau n’incite pas à indexer ni à faciliter l’accès aux données : d’autres projets (comme ar.io) comblent ce manque.
Permanent veut dire permanent : ce qui est publié par erreur ne se retire pas.
À retenir. Une réponse à une question simple : comment faire en sorte qu’un fichier existe encore dans 200 ans sans que personne n’ait à le renouveler ?
Apporter à une blockchain des informations qu’elle ne peut pas connaître seule.
Chainlink
Réseau d’oracles
Médian
Un réseau qui apporte aux contrats intelligents des données de l’extérieur, comme des prix, que la blockchain ne peut pas connaître seule.
Cryptomonnaie : LINK (rémunération des opérateurs)
Ce que ça apporte
Des prix fiables pour la finance décentralisée.
Des messages et des valeurs qui passent d’une blockchain à une autre.
La vérification des réserves derrière des actifs tokenisés.
La technologie, expliquée
Le problème de l’oracleUne blockchain est un système fermé : elle ne sait pas quel est le prix d’une action ou la météo. Un oracle apporte cette donnée. Le risque est qu’un oracle unique devienne un point de défaillance, d’où l’idée de confier le travail à plusieurs opérateurs indépendants.
Des opérateurs multiplesLes flux affichés sur le site de Chainlink sont exploités par plusieurs opérateurs indépendants (par exemple Chainlink Labs, Galaxy, Tiingo et une douzaine d’autres sur le flux consulté).
Les servicesData Feeds (données pour contrats intelligents), CCIP (déplacer des données et de la valeur entre blockchains) et Proof of Reserve (vérifier les réserves d’actifs tokenisés ou « enveloppés »). Le flux de preuve de réserve consulté tourne 24 h/24, 7 j/7.
Usage mesuré
Selon Chainlink (mis à jour le 6 octobre 2026) : environ 36 400 milliards de dollars de valeur de transactions « rendue possible ». La page définit cette mesure comme la somme de la valeur en dollars de chaque transaction qui a utilisé un oracle Chainlink.
Limites et points de vigilance
Cette « valeur rendue possible » est cumulée, calculée et publiée par Chainlink : elle ne dit pas combien d’argent est réellement exposé.
Un contrat qui dépend d’un oracle est aussi fiable que ses données : une donnée erronée peut déclencher des pertes.
Le service est utile surtout aux développeurs : l’utilisateur final le voit rarement.
À retenir. Sans oracle, la plupart des applications de finance décentralisée n’existeraient pas : c’est une infrastructure invisible mais centrale.
Un oracle de données de marché où ce sont les producteurs des données eux-mêmes (bourses, teneurs de marché) qui publient les prix.
Cryptomonnaie : Jeton PYTH (gouvernance)
Ce que ça apporte
Des prix de marché mis à jour plusieurs fois par seconde.
Des données issues directement de ceux qui les produisent.
Un prix accompagné d’un intervalle de confiance.
La technologie, expliquée
Des publieurs « de première main »Plus de 80 publieurs, dont des bourses et des teneurs de marché, envoient leurs prix à Pyth. Chaque produit a plusieurs publieurs pour gagner en précision et en robustesse.
Un prix agrégé et un intervalle de confianceLe programme d’oracle combine les prix des publieurs en un seul prix agrégé, assorti d’un intervalle de confiance. Il est mis à jour plusieurs fois par seconde.
Le modèle « pull »Pyth n’envoie pas les prix en continu à chaque blockchain. N’importe qui peut envoyer un message signé (via Wormhole) pour mettre le prix à jour : l’opération est ouverte à tous. L’utilisateur met généralement le prix à jour et l’utilise dans la même transaction. Un prix ne peut qu’avancer dans le temps : un message périmé est ignoré.
Usage mesuré
Plus de 80 publieurs selon la documentation d’intégration de Linea (non datée). Nous n’avons pas relevé de chiffre d’usage global auprès d’une source officielle datée.
Limites et points de vigilance
Le fonctionnement « pull » demande que quelqu’un paie la mise à jour du prix : c’est un choix de conception, avec ses avantages et ses contraintes.
La source consultée est une documentation tierce (Linea) : consultez la documentation de Pyth pour les détails à jour.
À retenir. Deux philosophies d’oracle s’opposent : des opérateurs indépendants qui récupèrent la donnée (Chainlink), ou la source qui publie elle-même (Pyth).
Partager un registre entre organisations, avec confidentialité et sans spéculation.
Hyperledger Fabric
Plateforme de blockchain privée (logiciel libre)
Expert
Une plateforme de blockchain pour consortiums : les participants sont identifiés, et aucune cryptomonnaie n’est nécessaire.
Cryptomonnaie : Aucune cryptomonnaie nécessaire
Ce que ça apporte
Un registre partagé entre entreprises qui ne se font pas entièrement confiance.
De la confidentialité entre sous-groupes d’acteurs.
Une architecture modulaire qu’on adapte à son métier.
La technologie, expliquée
Un réseau avec membres connusContrairement aux blockchains publiques, les participants sont identifiés et « connus les uns des autres, plutôt qu’anonymes et donc totalement non fiables ».
Un service d’ordonnancement modulableIl établit l’accord sur l’ordre des transactions puis diffuse les blocs aux nœuds.
Un service d’appartenanceIl associe chaque acteur du réseau à une identité cryptographique.
Des canaux privésUn canal crée un sous-réseau où seuls ses membres voient un ensemble précis de transactions.
Les « chaincodes »Ce sont les contrats intelligents de Fabric. Ils tournent dans un conteneur isolé et n’ont pas d’accès direct à l’état du registre.
Pas de cryptomonnaieFabric peut utiliser des protocoles de consensus qui n’exigent pas de monnaie native pour payer le minage ou l’exécution.
Usage mesuré
Chiffres d’usage non relevés : lors de notre vérification du 10 octobre 2026, nous n’avons pas trouvé de source officielle chiffrée. Les déploiements d’entreprise sont souvent peu publics.
Limites et points de vigilance
Ce n’est pas une blockchain publique : il faut être admis, et la confiance repose sur le consortium.
Sans monnaie ni spéculation, la valeur tient à des processus métier, pas à un cours.
À retenir. C’est la preuve qu’on peut utiliser les idées de la blockchain sans token : le registre partagé, sans spéculation.
Réseau de blockchains interconnectées, orienté finance
Expert
Un réseau où la confidentialité se règle application par application, pensé pour les échanges entre institutions.
Cryptomonnaie : Canton Coin (utilité : frais du Global Synchronizer)
Ce que ça apporte
Des transactions dont chaque étape n’est visible que de ceux qui la concernent.
Des applications qui peuvent quand même se parler entre elles.
Un langage de contrats pensé pour plusieurs parties.
La technologie, expliquée
Confidentialité par sous-transactionOn peut définir qui voit quoi à chaque étape d’une transaction. Exemple donné par le projet : dans un échange livraison contre paiement, la banque ne voit que la partie en argent, et le teneur de registre que la partie en titres.
Les synchronizersIls ordonnent et acheminent les messages pour que les nœuds restent synchronisés, sans déchiffrer ni valider le contenu. Ils peuvent être privés, gérés par un opérateur d’application, ou publics comme le Global Synchronizer.
DamlC’est le langage libre des contrats intelligents de Canton, conçu pour des applications multipartites qui respectent la confidentialité. Il sert aussi à définir les règles de permission.
Qui fait fonctionner le réseauLes validateurs sont gérés par des organisations et ne traitent que les transactions auxquelles ils participent. Les « Super Validators » exploitent le Global Synchronizer et, selon le projet, ne voient que les transactions auxquelles ils participent.
Usage mesuré
Le projet indique que plus de 55 organisations soutiennent l’infrastructure décentralisée (blog de Canton). Pas d’autre chiffre d’usage relevé auprès d’une source indépendante.
Limites et points de vigilance
La description vient du projet lui-même, et nous n’avons pas relevé d’audit indépendant : à lire avec cette réserve.
Un réseau orienté institutions n’a pas le même rapport à l’ouverture qu’une blockchain publique.
Contrairement à Fabric, il existe un jeton (Canton Coin) pour payer les frais sur le Global Synchronizer.
À retenir. Une réponse à une question de la finance traditionnelle : comment être sur une infrastructure partagée sans rendre toutes ses opérations publiques ?
Produire de l’IA et du calcul via des marchés ouverts, plutôt que dans une seule entreprise.
À lire avant tout
Dans l’IA décentralisée, on distingue deux choses : l’usage (des clients qui paient du calcul ou des modèles) et l’incitation (des jetons distribués pour attirer des fournisseurs). Seule la première prouve que le service sert à quelqu’un.
Bittensor
Blockchain qui récompense du travail utile en IA
Expert
Une blockchain qui rémunère en TAO du travail utile en intelligence artificielle, organisé en sous-réseaux spécialisés.
Cryptomonnaie : TAO (offre plafonnée à 21 millions ; mise en jeu, frais, liquidité des sous-réseaux)
Ce que ça apporte
Un marché ouvert où n’importe qui peut proposer du calcul, du stockage ou des modèles d’IA.
Une rémunération qui dépend de la qualité mesurée du travail.
Une façon différente de produire de l’IA : par des marchés plutôt que par une seule entreprise.
La technologie, expliquée
La chaîne coordonne, le travail se fait ailleursLa chaîne (appelée subtensor) produit un bloc toutes les 12 secondes. Elle enregistre qui participe, mesure l’accord sur la qualité du travail et émet TAO. Le travail lui-même (inférence, stockage, prédictions) est fait hors chaîne.
Les sous-réseaux (subnets)Chaque sous-réseau est « un marché d’incitation indépendant ». Il a un propriétaire qui définit la règle d’évaluation, des mineurs qui produisent le travail, des validateurs qui les notent, et un jeton propre (alpha) associé à TAO dans un pool de liquidité.
Le consensus YumaÀ chaque époque, les validateurs envoient des « poids » sur les mineurs. Yuma combine ces poids, pondérés par la mise des validateurs, pour établir rangs, confiance et incitation, qui déterminent la part d’émission de chacun. Les délégateurs touchent une part des dividendes du validateur qu’ils soutiennent.
Une offre plafonnée, comme BitcoinTAO est plafonné à 21 millions. L’émission initiale est de 1 TAO par bloc (environ 7 200 par jour) et diminue de moitié quand la moitié de l’offre est émise. Le premier halving était attendu autour du 14 décembre 2025 (Grayscale, The Block) : vérifiez l’état actuel.
dTAO (février 2025)Chaque sous-réseau dispose de son propre jeton, dont le prix se forme contre TAO : cela rend les sous-réseaux « investissables » directement. C’est aussi ce qui ajoute une couche de spéculation.
Usage mesuré
Selon Grayscale (rapport mis à jour le 3 décembre 2025, d’après Taostats) : 129 sous-réseaux actifs au 3 novembre 2025, couvrant le calcul, le stockage, les agents d’IA et la détection de deepfakes. Les chiffres les plus récents que nous avons trouvés datent de fin 2025.
Le même rapport indique que Chutes, plus gros sous-réseau par capitalisation, est un fournisseur d’inférence classé parmi les premiers par usage sur OpenRouter. Grayscale promeut un produit d’investissement sur TAO : lisez ces affirmations avec cette réserve.
Limites et points de vigilance
Les mineurs sont rémunérés par l’émission de TAO : un sous-réseau peut attirer du travail parce qu’il est payé, pas parce qu’un client utilise vraiment son service. La question clé est celle de l’usage payant (analyse CryptoAgora).
Les prix des sous-réseaux et de TAO sont très spéculatifs. Les avis de prix cités dans la presse sont des opinions.
Nous n’avons pas trouvé de mesure indépendante de la demande réelle.
À retenir. Une idée forte : remplacer une entreprise par un marché qui mesure et paie la qualité du travail. À démontrer : que des clients paient vraiment pour ce travail.
Un réseau qui loue des cartes graphiques inutilisées pour le rendu 3D et, de plus en plus, pour l’IA générative.
Cryptomonnaie : RENDER (burn-and-mint)
Ce que ça apporte
De la puissance de calcul à la demande pour des artistes, studios et développeurs.
Une rémunération pour ceux qui prêtent leur carte graphique.
Un paiement relié à l’usage réel du réseau.
La technologie, expliquée
Créateurs et opérateurs de nœudsLes créateurs soumettent des tâches de rendu (moteurs OctaneRender, Blender Cycles et Redshift). Les opérateurs de nœuds prêtent leur capacité GPU et sont rémunérés selon leur disponibilité et leur part de travail accompli.
Un prix de référenceLes tâches sont tarifées par rapport à OctaneBench, avec un tarif fixe en euros par niveau.
Burn-and-mintLe réseau prélève 5 % sur chaque tâche terminée et utilise les recettes nettes en monnaie classique pour acheter des RENDER. Les émissions suivent un calendrier prédéfini, et la quantité brûlée est directement liée à l’usage du réseau.
Le passage à SolanaLes détenteurs de RNDR (sur Ethereum) passent à RENDER via le pont Wormhole : la page mentionne un changement de chaîne vers Solana en 2023.
Vers l’IA générativeLe site cite des outils d’IA générative de Runway, Black Forest Labs, Luma Labs et Stability AI, sans en détailler l’usage. Ce sont des affirmations de Render.
Usage mesuré
Nous n’avons pas trouvé de chiffre d’usage daté sur les pages officielles consultées le 10 octobre 2026. Le site mentionne des partenaires et des outils pris en charge, sans mesure.
Limites et points de vigilance
Le site se décrit comme « la première plateforme de rendu GPU décentralisée » : c’est une auto-description.
Une partie de la page de l’entreprise date de 2024 : certaines affirmations sur l’IA sont à vérifier à la source.
D’autres réseaux de calcul décentralisé existent (Akash, par exemple) ; nous ne les détaillons pas ici.
À retenir. Elle relie un besoin réel (puissance de calcul) à des machines inutilisées, avec un paiement en monnaie classique converti en jeton : le jeton suit l’usage.
Donner aux machines une identité vérifiable, des moyens de paiement et un historique, sans piloter leurs commandes.
Et le pilotage automatique ?
Un avion, une voiture, un drone ou un tracteur autonome est piloté par un logiciel embarqué qui lit des capteurs en continu et réagit tout de suite. Une blockchain confirme des transactions en quelques secondes ou en minutes : une étude de synthèse sur les blockchains et la robotique coopérative cite environ 10 minutes pour Bitcoin et 10 à 15 secondes pour Ethereum, et note qu’elle ne fournit aucune preuve que la technologie réponde aux exigences d’un contrôle en temps réel. La blockchain n’est donc pas aux commandes.
Ce qu’elle peut apporter autour : une identité vérifiable pour chaque machine, un partage sécurisé des données, des paiements entre machines ou entre une machine et son propriétaire, un historique d’audit, et, à titre expérimental, des décisions collectives entre robots. C’est ce que visent peaq et DIMO.
⚠️ Nous n’avons pas trouvé de réseau leader chiffré pour l’aviation, les drones ou le matériel agricole : mieux vaut le dire que de l’inventer. Source : arXiv : blockchain et robots coopératifs.
peaq
Blockchain pour l’économie des machines
Expert
Une blockchain pensée pour que des machines (véhicules, robots, capteurs) aient une identité, des moyens de paiement et un historique vérifiable.
Cryptomonnaie : PEAQ
Ce que ça apporte
Une identité numérique pour une machine, utilisable sur plusieurs blockchains.
Des paiements et des revenus liés à une machine, avec un historique.
La possibilité de fractionner la propriété d’une machine sous forme de jetons.
La technologie, expliquée
Une chaîne dédiéepeaq est une blockchain de couche 1 où sont déployés les contrats de peaqOS. L’état de ces contrats est recopié sur des chaînes satellites pour que d’autres écosystèmes puissent le lire localement.
L’identité d’une machineLa fonction « Activate » donne à une machine une identité qui fonctionne sur plusieurs chaînes. La documentation mentionne aussi des identifiants décentralisés (DID) hérités.
Le « passeport financier »Le Machine Financial Passport suit les flux financiers d’une machine. Une API (MCR) permet à d’autres chaînes de consulter la notation de crédit d’une machine. Un exploitant de flotte peut y déclarer des revenus.
Déléguer à un agent d’IALa fonction « Scale » permet à un propriétaire de déléguer des dépenses à un agent d’IA.
Fractionner une machine« Tokenize » permet de représenter une machine comme un actif réel (RWA) et d’en fractionner la propriété.
Pour la robotiqueUn kit de développement existe pour Python et ROS 2, un cadre logiciel très répandu en robotique.
Usage mesuré
Nous n’avons pas trouvé de chiffre d’usage fiable et daté (nombre de machines connectées, revenus réels). La documentation décrit des fonctions, pas une adoption.
Limites et points de vigilance
Une fonction décrite dans une documentation n’est pas un usage mesuré.
Nous n’avons pas trouvé de réseau leader, chiffré, pour les drones, l’aviation ou le matériel agricole : peaq se présente comme une couche générale.
Aucun chiffre sur le jeton n’est repris ici.
À retenir. Elle ne pilote pas les machines : elle leur donne un état civil et un compte, ce qui est un prérequis à leur économie.
Un réseau où les conducteurs récupèrent les données de leur véhicule, les conservent et décident à qui les partager.
Cryptomonnaie : DIMO (incitation au partage de données)
Ce que ça apporte
Reprendre la main sur les données de sa voiture.
Partager ces données, avec consentement révocable, avec des services qui les utilisent.
Une plateforme pour développeurs, entreprises et flottes.
La technologie, expliquée
Collecter, conserver, partagerSelon DIMO, les conducteurs « collectent, conservent et partagent » les données de leur véhicule et les diffusent en échange de jetons.
Des permissionsLes développeurs gèrent les permissions d’accès aux véhicules par plusieurs interfaces : identité, télémétrie, attestation, échange de jetons, déclencheurs, et « Login with DIMO ».
Ce qui est collectéDes métriques de sous-systèmes (par exemple l’état de la batterie), des données générales (kilométrage, pression des pneus), la météo, la localisation et des trajets (vitesse, freinages, arrêts). DIMO affirme ne pas accéder aux caméras, car le bus CAN d’une voiture ne transporte pas la vidéo.
La protection de la vie privéeLes données sont chiffrées en transit et au repos, initialement sur AWS. Localisation et compte sont stockés séparément pour ne pas pouvoir être reliés. On peut définir des zones sans collecte, exporter ou supprimer ses données.
Usage mesuré
Nous n’avons pas trouvé de nombre de véhicules connectés sur les pages officielles consultées. La FAQ date de 2021-2022 (elle parle encore d’une « Alpha Fleet »).
Limites et points de vigilance
Les données sont stockées sur AWS « initialement » : la décentralisation est partielle.
La FAQ consultée est ancienne : lisez la documentation à jour.
Partager des données de conduite et de localisation pose toujours la question du consentement et de la vie privée.
À retenir. Elle déplace la propriété des données du constructeur vers le conducteur : c’est un enjeu de droit et de confiance, pas seulement de technologie.
Des antennes, caméras ou capteurs déployés par des particuliers et payés selon l’usage réel.
Helium
Réseau sans fil construit par des particuliers
Médian
Un réseau sans fil déployé par des particuliers qui installent des points d’accès, et que des opérateurs télécoms utilisent aujourd’hui pour décharger leur trafic.
Cryptomonnaie : HNT (brûlé pour créer des Data Credits)
Ce que ça apporte
Une couverture sans fil construite par la communauté plutôt que par un seul opérateur.
Des revenus pour ceux qui déploient des points d’accès.
Un exemple de paiement réel (en monnaie classique) qui alimente la rareté d’un jeton.
La technologie, expliquée
Deux types de couvertureDes points d’accès IoT (LoRaWAN) pour objets connectés, et des points d’accès mobiles (5G/Wi-Fi). Beaucoup de points mobiles sont des routeurs existants convertis.
La preuve de couvertureLes points d’accès émettent un signal toutes les 6 heures, et environ 12 voisins le « témoignent ». La géométrie des témoins permet de repérer les fausses positions et les regroupements frauduleux. Le matériel utilise des clés intégrées et signées en usine.
Les Data CreditsIls paient l’usage du réseau. Un crédit couvre 24 octets de données LoRaWAN, ne se transfère pas, et son prix est fixé en dollars. Ils sont créés en brûlant des HNT.
Le modèle burn-and-mintLes clients paient en monnaie classique, ce qui achète des HNT, puis les brûle pour créer des Data Credits.
Le passage à Solana (18 avril 2023)Helium a quitté sa propre chaîne pour Solana. Les points d’accès sont représentés par des NFT compressés. Les gains sont calculés par époques quotidiennes et réclamés à la demande : la chaîne ne retient que les retraits.
Usage mesuré
Selon FalconX (14 janvier 2026) : Helium Mobile a atteint jusqu’à 2,5 millions d’utilisateurs actifs par jour fin décembre 2025, environ 10 fois plus qu’un an plus tôt ; près de 600 000 inscriptions ; revenu annualisé d’environ 35 millions de dollars (selon Blockworks) ; sept opérateurs, dont AT&T et Telefónica/Movistar (Mexique), peuvent y décharger des données.
Selon une étude de cas publiée par Solana : plus de 576 To de données déchargées au 4e trimestre 2024.
Limites et points de vigilance
Selon FalconX, malgré ces records d’activité, les jetons HNT, HONEY et GEOD affichaient en moyenne environ 68 % de baisse par rapport à décembre 2024. L’usage ne garantit pas le prix.
La documentation sur les Data Credits n’a pas été mise à jour depuis la migration vers Solana : certains détails peuvent être dépassés.
Les chiffres de points d’accès de l’étude de cas ne sont pas cohérents entre eux : nous ne les reprenons pas.
À retenir. Un des rares cas où un paiement réel (des opérateurs télécoms) alimente le jeton : une illustration que l’utilité et le cours sont deux sujets différents.
Une carte du monde mise à jour par des conducteurs équipés de caméras, qui sont rémunérés en jetons.
Cryptomonnaie : HONEY (offre maximale de 10 milliards)
Ce que ça apporte
Une carte fraîche, alimentée en continu par des contributeurs.
Des données de cartographie vendues à des entreprises et des développeurs.
Une rémunération pour ceux qui cartographient des zones peu couvertes.
La technologie, expliquée
Des contributeurs et une IALes propriétaires de caméras (dashcams) gagnent des HONEY en fournissant des images et en aidant à entraîner l’IA de la carte par étiquetage et corrections.
Trois facteurs de récompenseLa couverture (compléter la carte, surtout les zones peu saturées), la fraîcheur (rafraîchir régulièrement les tuiles) et la qualité (bonne fixation, vue dégagée, pas de reflets). Un score de réputation, non public, dépend de la qualité du montage.
Qui paieLes entreprises et développeurs achètent des « crédits de carte », un jeton utilitaire adossé au dollar. Consommer des données brûle des HONEY.
Que devient ce qui est brûléDepuis MIP-15 (avril 2024), 25 % des HONEY brûlés sont réémis aux contributeurs (récompenses de consommation, plafonnées à 500 000 HONEY par semaine) et 75 % sont définitivement brûlés.
L’offre et sa répartitionOffre maximale de 10 milliards de HONEY : 40 % aux contributeurs, 20 % aux investisseurs, 20 % aux salariés, 15 % à Hivemapper Inc., 5 % à la fondation. Le réseau est construit sur Solana.
Usage mesuré
Selon FalconX (14 janvier 2026) : plus de 700 millions de km cartographiés ; 37 % de couverture routière mondiale, contre environ 30 % un an plus tôt ; HONEY devenu déflationniste pour la première fois fin 2025 ; au 4e trimestre, passage d’un achat de caméra de 589 dollars à un abonnement de 19 dollars par mois sur deux ans.
Limites et points de vigilance
Selon la même source, HNT, HONEY et GEOD affichaient en moyenne environ 68 % de baisse par rapport à décembre 2024, malgré une activité record.
Les clients finaux de la carte ne sont pas détaillés dans les sources consultées.
Filmer la voie publique pose des questions de vie privée que nous n’avons pas pu documenter ici.
À retenir. L’incitation est le moteur : on paie les contributeurs pour combler les trous de la carte, et les clients, eux, paient pour la consommer.
Une information est périmée, une erreur s’est glissée ou un réseau manque ? Écrivez-nous. Les chiffres bougent vite : chaque donnée porte sa date de relevé. Pour aller plus loin, voyez notre glossaire et notre guide des arnaques : un projet utile n’est pas une raison d’acheter son jeton, et une promesse de gain reste un signal d’alerte. Contenu éducatif, pas un conseil en investissement.